Une découverte exceptionnelle à Barcillonnette !

Merci d’avoir mordu à l’hameçon du 1° avril …

Mais puisque vous semblez apprécier la géologie locale, et les sciences participatives…

Vous trouverez prochainement sur le site de Barcillonnette des informations beaucoup plus sérieuses !

 

Une découverte exceptionnelle à Barcillonnette !

01 / 04 / 2021 | Great Investigation in Biology [1]

Rien ne laissait supposer que Barcillonnette un petit village de montagne, serait tiré de l’oubli par la découverte d’une faune fossile aussi originale et variée que celle des schistes de Burgess [2] !

Le village de Barcillonnette au pied des « terres noires »

Le village est situé sur une terrasse glaciaire. Juste au-dessus les collines marquées par une érosion en chevron sont les schistes de l’Oxfordien ou « terres noires » [3]. Elles sont en réalité plus sombres que sur ce cliché pris en plein soleil.

1 – Un contexte géologique riche

La région est célèbre sur le plan géologique (le mont Chenaillet près de Montgenèvre, Clues de Barles) et touristique (Serre-Ponçon).
Les schistes de l’Oxfordien – parfois nommées Terres noires – marquent le paysage. Ils constituent une série sédimentaire impressionnante dont les couches atteignent jusqu’à 2 000 mètres d’épaisseur.
Elles ont déjà révélé de nombreux fossiles, en particulier des ammonites, organisme marins pélagiques, mais, jusqu’à présent dans le secteur, pas de fossiles « continentaux ». 

Divers échantillons d’Ammonites

2 – Une découverte fortuite …

À l’origine, c’est le Professeur Chen [4], en vacances dans la commune de Barcillonnette, qui a fait cette découverte au hasard d’une promenade.
Près du hameau des Faysses (prononcer Fa-ï-sses), au lieu-dit « Le saut de l’âne » une clue [5] étrangle le torrent : Les couches redressées permettent de suivre sur plusieurs centaines de mètres la série sédimentaire.

C’est dans ces sédiments que le professeur Chen a observé de si nombreuses empreintes qu’on ne peut les attribuer à un jeu de la nature ni à des coquilles jetées par les pèlerins [6].

 Pourquoi n’a-t-on rien vu avant ?
Ces empreintes ont été mises à jour par de récents éboulements provoqués par les grands froids récents et en ce moment par une sécheresse accrue par la chaleur.
Par ailleurs, ces formes « animoïdes » ne ressemblent à aucune autre » et sont de petites tailles (quelques centimètres).

3 – Mais une prospection méthodique et… pédagogique !

La répétition de ces traces a aiguisé la curiosité du professeur Chen… qui envisage immédiatement prospection systématique de la série sédimentaire.
Faute de trouver rapidement une équipe scientifique locale, le professeur fait appel aux professeurs et aux enfants des écoles et collèges des environs pour un projet pédagogique inédit : la récolte scientifique des fossiles.
Le terrain est quadrillé comme en archéologie, et chaque enfant munit d’une tablette tactile, photographie et géolocalise chaque fossile. Chaque découverte est transmise par internet et alimente la base de données du Pokédex [7].

Jeune paléontologue en plein travail

Muni d’un smartphone, l’élève repère puis photographie ce qu’il pense être un fossile. Les données sont géolocalisées, puis transmises via WiFi vers un serveur SGDB qui répertorie toutes les découvertes. C’est la collaboration de tous les élèves qui a permis ce travail en un temps record et avec une remarquable efficacité.

Motivés par cette recherche, les enfants sont minutieux et efficaces et répondent parfaitement à la consigne du professeur Chen : « Gotta catch’em all ! » (attrapez-les tous ! ) [8] ; ainsi au total les scientifiques en herbe ont récolté plus de 3 000 échantillons ce qui correspond à plus de 500 espèces ! Ceci sur près d’un kilomètre, c’est-à-dire quelques millions d’années ! Les premiers indices de datation donnent une fourchette de -161,2 ± 4 à 155,7 ± 4 millions d’années. 

4 – Des méthodes de reconstitution exemplaires

À l’œil nu…
Les clichés des fossiles dans les schistes sont, difficiles à décrypter. Les clichés sont pris en lumière rasante et la finesse des sédiments permet cependant d’observer des détails très précis de la structure interne :

Une structure d’un organisme « rudimentaire » qui n’est pas sans évoquer celle  de nos modernes virus

C’est donc l’ordinateur qui a permis de reconstituer ces organismes et d’en donner des images en fausses couleurs plus « parlantes » puis un modèle de synthèse en 3D. Mais pour cela, ce sont les ordinateurs des écoles et collèges du département qui sont mis en réseau pour fournir la puissance de calcul nécessaire…
En effet, la morphologie de ces structures est d’abord reconstituée sur ordinateur, par micro-tomographie tridimensionnelle aux rayons X (SRXTM [9]), 
En voici 2 exemples :

Attention !  il s’agit ici de « fausses couleurs » obtenues par l’interposition de filtres
qui accentuent le « relief » de ces étranges créatures… 

Les résultats : Une faune étrange et très diversifiée
Jusqu’à présent inconnue à cette époque, cette faune se serait développée en milieu sub-continental comme en témoignent les « ripple marks [10]» « fossilisés » interprétés comme un proche rivage et aurait donc coexisté avec les espèces telles que celles représentées ici :

Reconstitution du paléo-écosystème marin à l’Oxfordien
Remarquer l’abondance des ammonites à cette époque.
Image de Didier Baudry, extrait de la Fresque des temps géologiques

La reconstitution du paléoenvironnement de Barcillonnette à l’Oxfordien est en cours …

Et une nouvelle preuve de l’ Évolution :
Le professeur Chen, une fois les calculs d’ordinateur effectués et mis en image a très vite perçu des parentés entre les différents spécimens reconstitués dont il nous livre quelques clichés de modèles en 3D.
En remerciement de leur implication dans cette découverte, le professeur Chen a laissé les enfants nommer les espèces de cette faune surprenante.
Enfin une remarque d’importance : A l’appellation « faune de Barcillonnette», les enfants préfèrent celle de Pokemon ™ et ©[11]

5 – L’aventure scientifique continue !

Certains penseront que cette multitude de noms scientifiques nouveaux va encombrer les manuels et les cervelles et… saturer la mémoire de nos chères têtes blondes ? Ils se trompent : Au cours de ce projet pédagogique, dès le CE1, les élèves ont parfaitement intégré le vocabulaire scientifique et le vocabulaire mémorisé l’est encore jusqu’en 5° (on ne dispose pas d’estimation au-delà de cette classe !)

Par ailleurs, les spécialistes de l’évolution sont déjà au travail… et nul doute que d’ici quelque temps un cladogramme sera proposé dans « phylogène » [12] ! Le BIG fait appel à l’imagination de tous les pédagogues volontaires pour proposer que de telles applications -particulièrement motivantes- soient intégrées bien sûr dans une tâche complexe, la pierre angulaire de la pédagogie moderne !

Post Scriptum :
Les noms et appellations suivantes :
1 – Pokémon,
2 – professeur Chen
3 – Pokédex
4 – la devise « attrapez-les tous ». (Gotta catch’em all !)
5 – les figurines des Pokémon,
6 – les noms des Pokémon ( voir le texte, orthographe non garantie !),
7 – le principe des Pokémon, etc…,
sont la propriété de Nintendo, et sont ™ et © [© 2012 Pokémon. © 1995–2012 Nintendo/Creatures Inc./GAME FREAK Inc.]
Pour des informations officielles consultez le site « pokemon »
Photos de J.Genty d’après nature ou figurines « pokémon » achetées dans le commerce,
Texte de J. Genty.


[1] GIB: Great Investigation in Biology  ou BIG en français, groupe de recherche en Biologie, informatique et Géologie.


[2] Schistes de Burgess : célèbre site fossilifère trouvés par Charles Doolittle Walcott en 1909, au Canada.


[3] Les Terres Noires (sensu lato). Ensemble marneux de roches marneuses noires  correspondant aux étages Callovien et Oxfordien inférieur soit -160 à -145 Millions d’années.


[4] Chen, Yamamoto, Kapad, scientifique japonais auteur du Pokédex , livre de référence qui l’a consacré spécialiste des faunes exotiques.


[5] Clue ou cluse (en Savoie) : portion de vallée transversale aux barres rocheuses.


[6] Ainsi que le pensait Voltaire…


[7] Pokédex : Atlas de référence des faunes « exotiques » du passé. Ce travail a valu au professeur Chen d’importantes distinctions scientifiques.


[8] Voir note 4 du post-scriptum en fin d’article.


[9] Une méthode utilisée avec succès par une équipe INSU / CNRS.


[10] Une ride de courant ou ride de vagues, en anglais ripple-mark, est une structure sédimentaire qui se forme lorsque les sédiments sont agités par un courant ou par l’action des vagues. On peut les observer actuellement sur des plages en bord de mer …


[11] © 2012 Pokémon. © 1995–2012 Nintendo/Creatures Inc./GAME FREAK Inc.


[12] Phylogène est un logiciel destiné à l’enseignement de l’évolution et de la classification des êtres vivants. En savoir plus

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